
PAILHASSE
-Le Pailhasse est anonyme, son visage c'est le Rabas. Sans son Rabas, le Pailhasse n'est plus un vrai Pailhasse.
-Le Pailhasse est fier et imposant, c'est un rude, il ne fait pas de cadeau, il doit se faire respecter. Trop frèle ou trop fatigué? Rentre chez-toi tu sers à rien!
-Le Pailhasse doit-être solidaire de tous les autres Pailhasses. Un pour tous et tous pour un!
-Du défilé à 18 heure, le roi c'est Pailhasse. Roi, ne veut pas dire: autorisation à se comporter comme le dernier des cons. L'échelle, les carrioles, et tous les autres sales, vous n'ètes que tolérés, alors soyez discrets!
-Aux buvettes, c'est à Pailhasse de décider avec qui il trinque. Il n'y a pas de zone neutre le Mercredi des Cendres, les Blancs et les sales peuvent boire mais en courant vite et en évitant d'en renverser!
-Le Pailhasse garde le meilleur pour la fin, il commence par salir les déguisés. En violet ou en marron, un sale fait moins tâche dans les rues!
-Le Pailhasse décide seul de ce qu'il doit salir. Pas de quoi, non plus, s'attaquer aux facades inertes et inoffensives, ou alors c'est l'heure d'arréter la Carthagène!
-Une tête au balcon? C'est l'échelle assurée! Pour y échapper: simple, il suffit de rester calfeutrés et éviter de s'amuser à "allumer" les Pailhasses.
-Le Pailhasse n'est pas là pour la photo. Te fais pas d'illusions, c'est toujours le journaliste qui aura le dernier mot!
BLANC
-Tu veux rester propre, alors cours vite et évite de te faire attraper! Y'a pas de mystère, il te faut simplement appliquer ce principe!...De toutes façons, tu n'y échapperas pas!
-Tu n'y a pas échappé? Alors prépare des changes. Un Blanc violet, bin, ça n'intéresse personne et ça gêne au milieu!
-Les limites du villages ne sont pas au fin-fond des garrigues. Petite précision car beaucoup de blaireaux n'ont toujours pas compris où la fête se déroule! Non, en fait, ils ont la trouille!
-Tu dois défier le Pailhasse au lieu de t'enfuir à l'opposé. De loin, n'importe qui est courageux!
-Tu n'as qu'un mot à dire: "SARE!". Pas compliqué, un seul mot, alors CRIE-LE!

A l'origine l'ENCLAUS est, comme son
nom l'indique, le lieu clos, à l'abri du regard des curieux,
dans lequel les Pailhasses se préparent et s'habillent.
C'est là, aussi, que naissait le mannequin de paille et
qu'il était baptisé ainsi que là
où les jeunes gens apprenaient les chansons critiques et qu'ils
s'exerçaient aux danses.
Jusqu'aux années 50 celui-ci se trouvait à
l'Est du village dans la rue de la Mourade, derrière l'ancien cimetière.
Aujourd'hui, le plus grand nombre de Pailhasses s'habillent à l'ancienne distillerie
ou sur l'esplanade, le lieu clos est devenu "Hollywood boulevard" avec
son cortège de touristes, curieux, appareils photos
crépitants... De la discrétion d'origine, les Pailhasses
sont passés au stade de curiosités publiques, ce qui est bien triste!

PS: Vu que sur les photos récentes de l'Enclos l'on apperçoit plus que des touristes, j'ai choisi de mettre cette photo ancienne pour illustration!
Le Pailhasse est vêtu de chaussures blanches, d'une chemise (manches retroussées au dessus des coudes. A noter que, jusqu'à une période pas si lointaine de celà, le torse était généralement nu sous la paille) et d'un pantalon blancs (le blanc à été établi depuis les années 20), pantalon tenu aux chevilles par des guêtres blancs (guêtres de Zouave? succédants aux jambières en peau d'animal et aux bandages), d'un sac de jute ouvert de façon à laisser passer la tête et les bras, farci de paille, devant et derrière, et tenu à la taille par un fil de fer (autrefois une lanière de cuir), d'un Rabas en peau d'animal teinté de bleu (de méthylène) ou de noir, d'un gibus orné de 7 plumes de dindes (le Gibus succédant au bonnet de laine, bonnet phrygien, bicorne, etc...), les épaules sont fichuent de branches de buis et pour finir, les peilles, récupérées dans le chutes du sac, qui serviront au Pailhasse tout l'après-midi.

Pailhasses et "farcisseurs"
De nombreux "anciens" pailhasses, dont je fait partie, estiment s'habiller et non pas se déguiser, il y a là une nuance non négligeable!
En effet, ce n'est pas un dû d'être Pailhasse mais cela se mérite.
Chaque Pailhasse qui se respecte doit se donner la peine de s'habiller correctement et véhiculer les valeurs qui lui incombent.
Un Pailhasse qui n'a pas ses guètres, son rabas, gibus en plastique ou n'importe quel autres éléments n'est pas un vrai Pailhasse, de même ceux qui font teindre leur rabas par la coiffeuse du village ne méritent rien!
Même si le groupe carnavalesque et des particuliers vendent, le samedi précédent les Pailhasses des sacques et autres accessoires pour les retardataires (retardataires, pas touristes!), il y en a toujours qui arrivent le Mercredi avec des manques dans leur habit ou habillés n'importe comment et qui, tout de même, arrivent
a se faire empailler.
Dommage que l'enclos ne joue plus son rôle de filtre pour ces personnes qui n'ont pas d'excuses.
Autrefois ceux-ci avaient le privilège de se faire découper la sacque et de sortir en Blanc ou de rentrer chez eux, au choix!
Certains "vrais" Pailhasses, dorénavant veilleront au grain et traiteront ces personnes comme de vulgaires sales!
Le manque de respect envers les anciens sales chargés de faire respecter les choses fait qu'aujourd'hui, ce seront les Pailhasses qui gèreront la fête!
Alors méfiez-vous de qui vous croisez dans les rues...A bon entendeur!
Le Blanc est vêtu de chaussures blanches, d'un pantalon blanc et d'une chemise blanche fermée au coup par une cravate ou un lacet rouge, une Taillole rouge ( la "tayola" du zouave, insigne des tailleurs de vigne et des laboureurs ) enserre la taille et sur la tête, un béret rouge ou un foulard rouge noué à la corsaire ( autrefois un bonnet de laine blanc ).

Voilà un belle évolution Pour les Pailhasses!
En-effet, depuis la nuit des temps, les Pailhasses étaient les seuls a arpenter les rues du village, courser les jeunes filles et rentrer dans les maisons. Les premiers Blancs on fait leur apparition vers la fin du 19eme siècle.
Des têtes-brulées habillées, de circonstance, de blanc immaculé pour défier au mieux les Pailhasses!
Aujourd'hui, les Blancs sont partie intégrante des Pailhasses, sans eux, difficile d'imaginer la fête! Et comme les Pailhasses, ceux-ci ont des valeurs à véhiculer, un courage et une forme physique à démontrer!
Alors, voir les Blancs des garrigues ramener leur têtes fiéres sur la place à 18 heure..Celà laisse dubitatif!
Un Blanc qui "flanche" et qui passe son aprés-midi à se planquer, celà à toujours existé, mais celui-ci avait plutôt honte et évitait de se montrer!
Un Blanc qui défile, passe son aprés-midi dans les garrigues, et qui réapparait à la fin, je vois pas son intéret à sortir le Mercredi des Cendres.
Le sale...Le sale, vaste problème! Le sale omniprésent tout
l'après-midi, celui qui gâche le paysage par son
accoutrement. Autrefois, pour moi, les sales
étaient les anciens (ancien: celui qui a des décennies de participation en Pailhasse) qui géraient les Pailhasses et
la lie sur la place et qui prévenaient des
débordements, ceux qui ne toléraient pas un
Pailhasse mal habillé ou trop entreprenant, à une
époque ou le village était encore un "village". Les sales qui jouent le
branle (autrefois, un seul et unique tambour parcourait les rues du village et servait essentiellement à avertir les Pailhasses des gens qui regardaient par la fenêtre.) ou, encore, ceux qui arpentent les rues pour ravitailler les
Pailhasses... Bref, ceux qui participent à la fête!
Aujourd'hui, le sale, c'est celui qui sort
habillé en ciret, qui refuse de se faire salir, passe son
après-midi à se balader tranquillement,
celui qui sort une fois dans sa vie et qui "fait la leçon"
ou encore celui qui n'a pas suffisamment de courage pour s'habiller en
blanc...Qu'un grand-père s'habille en sale pour sortir ses
petits-enfants, je le comprends: Il a fait son temps, il
prépare la relève, mais les
autres... Comiques de service, touristes, journalistes...?
Sans parler de "l'escorte" des charriots, pour rappel: il y a celui qui sert à boire, les autres ne servent à rien!
Voilà, c'est le seul et unique commentaire que je
ferais sur les sales!
Autrefois, le défilé partait de la rue de la Mourade et
faisait deux fois le tour des remparts c'est à dire: Grand rue, rue du Jeu de Ballon, rue Carnot, les Remparts et retour sur la place par le Théron (depuis le 14eme siècle jusqu'à: fin 19eme siécle).
A l'origine, il s'agissait de faire simplement le tour de la ville (des remparts).

Depuis la fin du 19eme pour se montrer aux nouveaux "bourgeois", ou gros propriétaires installés le long de l'esplanade (le meilleur des points de vue pour les touristes, avant le retour chez eux!): Deux tours au départ de la croix, rue Malabouche (Rue des balcons, anciennement chemin des Peyroules ou encore route d'Aumelas...), rue de la Chapelle, grande Calade, petite
Calade, rue Malabouche, rue de la Chapelle et arrivée sur la place.
Le défilé, tel quel, bien organisé en Pailhasses encadrants les Blancs, Blancs précédants les Pailhasses, une ligne de Pailhasses, une de Blancs...etc, date de: vers 1914.
Autrefois, celui-ci faisait place à un grand silence à l'apparition des Pailhasses, puis le branle au départ du défilé...
...aujourd'hui: une cohue...
Qu'un sale gére le défilé, jusqu'à l'arrivée, c'est normal! Que l'échelle, les carrioles et un nombre incalculable de sales précèdent le défilé c'est anormal, le roi, c'est Pailhasse!
C'est lui qui doit marcher en tête encadrant les Blancs!
Aprés avoir défilé, au retour sur la place, la ronde se forme d'un Pailhasse, d'un Blanc et en attendant le signal donné par le clocher, dansent au son du branle.

A la vue du nombre de plus-en-plus important de participants, il devient difficile de faire une ronde correcte.
Il n'a pas été rare, ces dernières années, de commencer en retard.
Et une minute, c'est une minute, ce sont les 3 coups du clocher qui donnent le coup d'envoi et non pas un pseudo "monsieur Pailhasse" de pacotille qui décide de quant l'on commence, l'heure de gloire, c'est celle des Pailhasses!
A 18 heures précises, la fête est finie et les organisateurs s'empressent de faire désacquer les Pailhasses, ils sont très à cheval sur cette heure alors qu'ils le soient également pour l'heure de départ!
Quand aux badaux qui ont décidé de rester jusqu'a la dernière seconde pour voir la ronde, c'est vous qui avez choisi de prendre des risques, rien n'oblige un Pailhasse de commencer sur la place!
Le début des hostilités, c'est à 15 heure, et ce dans tout le village.
Est-ce-que le défilé et la ronde sont encore indispensables?
Après le Branle de la ronde, au signal des 3 coups du clocher, Les Pailhasses se ruent dans la lie et s'y vautrent. Certains se font tirer par les pieds, d'autres prennent leur élan et se jètent au sol, glissant sur quelques mètres. Ils se relèvent et aspergent les gens restés.

Les Blancs s'échappent de la ronde et se dispersent dans les rues du village. Le troupeau s'en va derrière les remparts et remontent vers la rue du Parc pour une première traversée de la place du Temple. Ils ne doivent pas sortir des limites du village ni se réfugier dans les maisons. Ils doivent (devraient!...) affronter leurs adversaires.

La chasse au Blancs s'engage au cri de "Sare!Sare!", (Autrefois, "Sare!" était le cri du Pailhasse, pour: "serre-toi, viens me défier, me coller"... et non celui du Blanc comme aujourd'hui il est utilisé...s'il était encore utilisé!). Les Pailhasses bloquent les passages, les rues, ramènent ceux qu'ils ont attrapé sur la place pour les "rouler" dans la lie ou leur déversé sur la tête une comporte pleine. Personne n'est épargné. Aucun observateur, que des participants, même les têtes curieuses sortant d'une fenêtre et les "parachutés" qui ont pénétrés "accidentellement" dans le village.

Les buvettes sont dressées dans les magasins chargés de vin blanc, Carthagène, Pastis. Les Blancs ne peuvent pas s'approcher de ces lieux gardés par les Pailhasses. Ce n'est pas la Suisse, les buvettes ne sont pas une zone neutre. (Autrefois, les Pailhasses étaient accueillis par les femmes sur le palier de leur porte et même introduits dans les cuisines tapissées de draps blancs où on leur offrait vin blanc et escalettes).

Jusqu'aux années cinquante, les Pailhasses se ravitaillaient dans la
décharge située en surplomb du Coulazou et
jusqu'à 1955, les jeunes faisaient le tour des
bouchers pour récolter
des abats. Les gens déversaient leur pot-de-chambre dans la rue.
En ce jour des Pailhasses, la merde sent bon et porte bonheur!

La chasse aux Blancs et aux badaux se poursuit sans discontinuité tout le long de l'après-midi.
Des premières comportes renversées en début, la tension monte crescendo durant les 3 heures. La Place et le Temple, les centres névralgiques, sont
intégralements couverts sous plusieurs centimêtres de lie et de "mixture".

Si, au début des hostilités, les Pailhasses se contentent de salir ceux qu'ils croisent, avec leurs peilles, ensuite les Blancs sont attrapés et amenés vers la Place ou le Temple pour y être roulés ou pour prendre leur bain dans les comportes.

La sainte lie-de-vin préférable, pour certains, à la "mixture"!
La boue n'a jamais fait partie du jeu. Mais, autrefois, les rues n'étaient pas goudronnées, seulement de la terre battue, et celle-ci se mélangeait naturellement à la "mixture".

Le jeu bat son plein, la fatigue se fait ressentir, mais l'euphorie et l'alcool aidant, fait que chacun continu à se donner jusqu'à la fin.

A 18 heure, Pailhasses et Blancs, tous unis sous la même couleur, se retrouvent en un branle gigantesque de réconciliation qui met fin au jeu (Autrefois, les hostilités ne stoppaient pas à 18 heure mais pouvaient continuer jusqu'à ce que les participants le décide, jusqu'à plus-soif!).

Aprés 18 heure, les Pailhasses se font dessaquer, quelques participants maculés trainent encore sur la place...Aprés la "purification"
sous la lie-de-vin, Il est l'heure d'aller retrouvé ses couleurs quotidiennes, avant de se retrouver pour discuter des moments partagés durant l'après-midi.
Même si le jeu est fini, chacun, dans l'esprit, est encore sous l'euphorie de la journée.

Heureuse initiative qui, depuis quelques années, propose un
"véritable" jugement.
Pour cloturer cette journée, Pailhas(se), coiffé
de son gibus traditionnel, est
présent pour répondre de ses "délits"
et de ses "écarts", l'accusateur, et la
foule amassées à l'écoute du procés.
Le jugement rendu, Pailhasse sera brulé sur la place publique.

"...A queste ser, siem sus la plaça
Per veire brùla lo Palhasse
Lo jutjament, va comença
Ara qu'avem finit la festa
Si voletz veire e escochar lo reste
A vetz pâs qu'a i démora..."
Extrait du jugement d' ESCOBILHAS 2005.

Prochainement: Les jugements au format PDF.
Carnaval es un Joan fotra
Que nos fa majar d'argent
L'envoiarem faire fotra
Duscas l'annada que ven
Adiu paure, adiu paure, adiu paure
Carnaval
As manjat trop de salcissa
E de cambajon salat
Adiu paure, adiu paure, adiu paure
Carnaval
Tu t'en vas e ièu demòri
Per manjar la sopa d'alh.
A L'AN QUE VEN
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